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( Janv. / Sep. 2003 )
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Crédit Photo : Spéléo Secours Français
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Le spéléologue fit une chute de deux mètres, provoquée par la rupture d'une échelle en place
dans la grotte depuis des années. Souffrant de contusions, il fut évacué sur une civière. Deux cents pompiers
de toute la France furent mobilisés pour cette opération difficile. Le maire de la commune va entamer une
procédure visant à faire payer par le spéléologue les frais liés à son sauvetage, et a déclaré que désormais
l'accès à cette grotte serait interdit du fait de sa dangerosité..."
Fiction ? Délire journalistique ? En êtes-vous bien sûr ?...
Qui affirmera qu'aujourd'hui personne ne monte sans assurance sur un bout d'échelle ?
C'est Si peu de chose un ressaut de deux mètres. Et pourtant, pareille négligence est bien susceptible d'engendrer
des effets désastreux, pour l'imprudent lui-même, mais aussi pour toute la communauté spéléologique.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : la fin de la gratuité des secours, associée à la fin de leur
gestion par le Spéléo Secours Français,
sonnera, à terme, le glas de la spéléologie dans les cavités majeures du territoire... à moins que...
À moins que l'accident de spéléologie disparaisse des journaux télévisés...
qu'il n'y ait plus besoin de sauvetages de "spéléologues imprudents"...
Déjà, les statistiques du Spéléo Secours Français montrent sans ambiguïté que le nombre d'accidents
a fortement baissé, du moins pour ce qui concerne les membres de la Fédération.
Faut-il y voir les effets de la formation ? Probablement, même si c'est difficile à mesurer. Peut-on
faire encore mieux ? Certainement ! Il faut en avoir la volonté, et s'en donner les moyens.
Cette volonté de prévention des accidents, la Fédération l'affiche très clairement : en subventionnant
la formation dans les stages, pour les jeunes, pour les initiateurs, chargés ensuite de développer l'apprentissage dans
leur club. La commission canyon lance sa formation d'initiateur. L'opération "Deux initiateurs par club" a déjà profité à
des dizaines de spéléologues. Grâce à cette aide associée aux subventions perçues pour la formation par les comités
spéléologiques régionaux, les comités départementaux de spéléologie, et certains clubs, on peut affirmer que la
participation à un stage d'initiateur fédéral devrait avoir un coût pratiquement nul pour la plupart des candidats
(enquête de l'École française de spéléologie, Info E.FS. n° 41-42).
Aujourd'hui plus que jamais, on peut dire que la sécurité individuelle conditionne la libre pratique
de la spéléologie. La Fédération offre ses services à ses adhérents, il leur reste à en profiter. Le président de
club qui ne se préoccupe pas de la formation de ses membres porte une bien lourde responsabilité, et pas seulement
morale...
Rémy LIMAGNE
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Crédit Photo : Spéléo Secours Français
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Fiction ou démagogie
( réponse de l'édito paru dans le Spelunca n°88)
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Quelle mouche m'a piqué ce jour-là lorsque j'ai décidé d'attaquer le Spelunca N° 88 par la première page ?
" Tiens, ça parle du problème des secours !", me suis-je dit, heureux de voir apparaître ce
thème dans l'édito. Une première lecture me laisse une drôle d'impression… Après plusieurs lectures attentives,
j'en ai tiré la conclusion qu'on ne pouvait pas laisser passer un tel message dans la revue fédérale.
Je m'en explique.
Primo, le scénario de départ me semble par trop délirant. En effet, comment croire que l'on
puisse en arriver là sans réagir, sans que les responsables fédéraux ne fassent remonter notre indignation,
sans que les responsables SSF ne relancent les contacts auprès des préfectures, de la sécurité civile ? Il
y a sûrement à faire avant de baisser les bras !
Secundo, la théorie de Rémy Limagne postule que les problèmes actuels sont la conséquence des
accidents spéléo antérieurs et des spéléologues imprudents qui les ont engendrés... J'exagère et j'interprète,
sûrement, mais en tout cas d'après cet édito, le prochain sur la liste (le brave spéléo au cœur d'un secours
qui dure une semaine et que ses potes vont chercher
- et non pas 200 pompiers -, une belle histoire de solidarité, quoi !), lui, il sera coupable. Mais si le procès du
spéléologue imprudent est fait, qu'en est-il des autres origines de la situation d'aujourd'hui, du rôle de certains
politiques, du rôle des médias, de notre difficulté à communiquer en temps de crise ou non, de la dénonciation de
la convention secours, de la tendance actuelle à vouloir responsabiliser en désolidarisant (merci les pompiers !) ?
Tertio, la solution au problème existe et elle est simple : plus de gros carton, les petits gars !
L'illusion du zéro accident, rien que cela. Et pourtant, on aura beau faire (la prévention, la formation plus
qu'essentielles et là, Rémy, je suis de tout cœur avec toi), il y aura bien un accident faisant la une d'ici
un de ces jours, accident qui remuera l'opinion publique (tiens ne serait-ce pas elle notre ennemie ?).
" Regarde Mimine, ces cons de spéléos encore coincés bon dieu, et c'est kiki va payer ! ".
Par contre, il faut bien se préparer à ce gros carton, se préparer à agir sur l'opinion
les premiers, à rappeler notre solidarité, les fondements de notre activité... Les J.N.S. en sont
un premier pas. Mais il faudrait aller plus loin encore... Comment faire ? En tous cas, certainement pas
en disant : " à moins (...) qu'il n'y ait plus de sauvetages de " spéléologues imprudents " " !
Pour moi, cet éditorial, c'est aussi faire cet aveux : " nous avons été dangereux,
irresponsables, pardon, nous ferons bien attention maintenant " ce qui est l'inverse de ce que représente
la Fédération Française de Spéléologie, ou bien j'ai mal compris mon petit historique de la spéléologie française.
Enfin, cerise sur le gâteau, la révélation finale... Le grand fautif, c'est toi, président
de club, le responsable que l'on pourra lyncher sur la place publique car finalement - et pénalement si je
comprend le sous-entendu -, ce sera toi le responsable de tout ce merdier. Responsable de quoi ? De n'avoir
pas envoyé tous ses membres se former dans les stages EFS ?
Alors là, bravo, merci pour eux !
J'oublie aussitôt tous mes idéaux spéléos, mes illusions d'être président du Spéléo Club des Dugenoux
Irresponsables et de ces 5 membres pseudo-actifs et je m'en vais jouer au yoyo avec le maire d'Engins, na !
Vincent LACOMBE
Lyon, le 23 janvier 2003
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