Salle des Ours, grotte Chauvet, Ardèche.
Photo : Serge Caillault
avec le concours de
Christophe Gauchon et Jean-Jacques Delannoy.
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Grotte Chauvet, dix ans déjà…
Le temps est relatif. Dix ans nous séparent de la découverte, en décembre 1994, de cette fantastique galerie d’art rupestre,
d’une richesse exceptionnelle, par une équipe de copains spéléologues ardéchois. Mais ces merveilles artistiques, le mot n’est
pas trop fort, attendaient dans la sérénité de la caverne profonde depuis plus de trente millénaires et l’équipe scientifique
qui travaille sur la grotte se garde bien de mettre la charrue avant les bisons. Jamais une grotte n’avait suscité pareille émotion
à ses explorateurs, d’abord parce que, bien que spéléologues, ils étaient aussi et surtout des amateurs éclairés (à l’électrique !)
de l’art préhistorique franco-cantabrique. La joie de la découverte brute se mêlait à celle, intellectuelle, de l’enjeu scientifique
formidable qu’ils pressentaient. Pour preuve, nous publions, non sans émotion nous aussi, le premier texte écrit sur la grotte Chauvet
par Daniel André, qui eut la chance d’être invité par les premiers « inventeurs » de la cavité, Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunet et
Christian Hilaire, et participa à la première vision d’une partie de la grotte et des peintures laissées par nos lointains ancêtres.
Ce texte, inédit, retrace l’atmosphère de la découverte. Il parle de passion et de respect. Pas un mot n’a été modifié depuis. Et
si cette extraordinaire histoire d’amitié semble s’être enlisée dans les notions suspectes de la gloire et de l’argent, faisons le
souhait, à la veille d’une nouvelle année, que l’équipe divisée soit un jour réunie.
J’ai eu la chance également de parcourir la cavité, dans cette atmosphère étrange où tout se mêle, s’entrechoque, où le présent et
le passé ne font plus qu’un. Et d’admirer, outre les messages du passé, un véritable spectacle naturel, car la grotte est, de plus,
très belle.
Serge Caillault
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