Edito

Tant qu’il restera sur notre planète un coin où les foules n’atteignent pas, il subsistera chez l’homme une volonté de mettre le pied sur le sol vierge et l’ambition d’inscrire un premier nom sur la roche nue”. Ainsi s’exprimait ­l’historien Gabriel Hanotaux en 1903 dans sa chronique du CAF. En spéléologie, ­demeure encore de très nombreuses zones vierges, partout, sur tous nos massifs ­karstiques. Les habitudes locales où des équipes de spéléologues ont été ­couramment à l’origine des noms sur les cartes géographiques ou topographiques est incontesté au fil des années. Les spéléologues défricheurs de territoires ­inconnus vont se distinguer de la ­toponymie d’érudition en privilégiant une toponymie informative fondée sur le sens et l’intention du mot en désignant un ­“objet” de la cavité : puits, salle, méandre… pour n’en citer que des plus banals.

Notre implication dans le domaine de la topographie mais aussi de la cartographie, en signalant auprès des cartes IGN ­l’emplacement et le nom des cavités ­découvertes est importante. Il nous faut non seulement lever les données topographiques, mais également décrire, situer et désigner les repères caractéristiques, se renseigner sur la toponymie du territoire que nous foulons. Cet ensemble est notre activité coutumière et c’est une attribution qui accompagne les explorateurs souterrains. Aujourd’hui, la phase ­d’exploration est caractérisée au préalable par un travail de recherche bibliographique, par la publication, qui agit comme, on l’espère, un révélateur de prochaines premières… La topographie et ses ­corollaires sont le langage de la ­découverte, sans laquelle l’exploration n’existe pas ou plus. Le perfectionnement des cartes ­souterraines, à travers une plus grande ­exigence, une plus grande précision, ­largement facilité par les avancés techniques et numériques proposés, ­permettent aux topographes de ­réellement ­documenter précisément ­notre espace de jeux et ouvre, en même temps, aux ­interprétations scientifiques entre le dessus et le dessous.

L’équipe de Spéléo magazine vous souhaite une merveilleuse activité souterraine 2026.

Serge Caillault


Sommaire

Infos
Le 19eme Spélimages à Courthézon
Ardèche : la LPO achète une grotte
Librairie Spéléo magazine
Attention chauves-souris…
La photographie : que pouvons-nous faire ?

Première
Haute-Garonne : le gouffre de la Sentinelle
Chili : le marbre de la Patagonie nord

Plongée
Alpes-Maritimes : récit d’un complètement Foux

TGT
Le karst et le réseau du gouffre Berger
Berger 2026 : les 70 ans du 1er –1000

Histoire
Puits des Fourmis : une jonction inachevée

Géopoétique
Ardèche : l’ensemble Vermeeren

Expédition
Thaïlande : le système Seri Thai

Parution
Connaissances souterraines

Concours
Arno Poppelaars