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Archive de octobre 2010

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[7 Oct 2010 | Commentaires fermés sur Spéléo Magazine n°71 | ]

Le retour estival des grottologues marque le bilan d’une riche saison d’explorations souterraines. Cette année, comme toutes les années, la moisson a été fructueuse. Elle marque durablement la vitalité de notre activité. Le karst est sillonné intensivement à la recherche du moindre indice qui ouvrira les portes de la découverte et donc d’un plaisir… rarement sevré, toujours renouvelé, jamais égalé.

Cependant, aujourd’hui encore j’entends la même litanie sur l’age des pratiquants, toujours plus élevé. Sur le renouvellement des effectifs et/ou son augmentation qui ne vient pas, ou alors avec trop de parcimonie.

Dans les faits, la durée moyenne de l’activité est de 3 à 5 ans, quel que soit la tranche d’âge considérée. Néanmoins, si l’on regarde honnêtement notre activité, elle n’a rien de transcendant pour un jeune : aller se foutre dans la boue, jusqu’au cou, dans le froid et l’humidité à l’abri de tout regard ou spectateur.

Alors la réflexion m’amène à dire que certainement la grottologie n’est pas un sport pour les moins de 25 ans ; à part la sortie ou les quelques sorties de découverte ou d’initiation. Sur l’ensemble, rares sont ceux qui poursuivent…

Dernièrement, j’étais invité pour une séance photos dans un joli karst du sud de la France. Nous étions six. La moyenne d’âge avoisinait les 65 ans et encore parce que j’étais présent, faisant chuter l’age moyen de l’équipe, dans sa prime jeunesse ! Dans le groupe, Jean, 67 ans. Il a découvert le monde souterrain pour la première fois à 62 ans. Depuis, plusieurs fois par semaine, il prospecte, découvre et réalise des explorations dans le massif situé non loin de sa demeure. Certes la vitesse de progression pour franchir les obstacles s’apparente à la norme en vigueur dans les années cinquante. Toutefois la passion est là, bien présente, ancrée, indéboulonnable.

C’est à mon avis vers ces personnes passionnées, qu’elles soient dans la fleur de l’âge ou plus riches d’expériences, qu’il faut œuvrer et faciliter la pratique de la spéléologie. Car l’important est là, comme le dit un de mes compagnons de jeux : « mon ciel bleu à moi c’est d’être sous terre… »