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Articles tagué avec : Gard

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[31 mar 2015 | Aucun commentaire | ]
S89-Page1

Si je cache à la société que j’ai trouvé une cavité exceptionnelle (préhistorique par exemple, pur hasard !), j’agirais de façon malhonnête au regard de la loi. Mais si je décide de diffuser cette découverte, elle risque de m’apporter une somme d’ennuis incalculable au regard des expériences du passé ! Je me retrouve alors divisé entre des principes ou « valeurs » auxquels j’accorde de l’importance. Bonjour le dilemme. Devant une telle situation, la notion d’enjeux éthiques apparaît. Dans nos débats spéléologiques souvent houleux où la surdité l’emporte à la compréhension, il est souvent question au final de dilemmes éthiques ou moraux, ou encore de « conflits de valeurs ». Il s’agit généralement de découvertes fortuites (même si prospections et désobstructions sur nos territoires emplois  la quasi-totalité de notre temps d’explorateurs) où les valeurs et les principes entrent en opposition et rendent les décisions difficiles.

L’éthique conduit à se demander « quels sont les valeurs et principes les plus importants pour la spéléologie et/ou le spéléologue ? Pourquoi ? ». Répondre à ces questions permet de faire face aux dilemmes éthiques que l’on rencontre, et éventuellement de les solutionner. L’éthique admet la discussion, l’argumentation, voire les paradoxes, au contraire de la morale qui ignore les nuances. L’éthique permet de sauvegarder le groupe d’amis qui se retrouve chaque week-end pour accomplir de belles choses…

Une chose qui a de la valeur est supérieure à d’autres sous certains aspects. Elle est désirable. Elle a de l’importance. Dire qu’une chose a de la valeur suppose donc de l’évaluer et de la comparer avec d’autres. Bien entendu, il ne s’agit pas de spéculer sur son prix car la principale difficulté reste souvent de déterminer, entre plusieurs valeurs importantes, laquelle ou lesquelles reflète le mieux la société (club, fédération) dans laquelle on souhaite vivre ou agir.

Le monde souterrain reste un territoire à apprivoiser, pour en apprécier réellement tout son caractère…

Serge Caillault

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[26 sept 2014 | Aucun commentaire | ]
S87-Page1

Nous avons été gâtés par la météo ces derniers mois ! Que d’eau, que d’eau… En France toutefois, car dans les pays nordiques, on n’avait jamais vu jusqu’alors des incendies de forêt ! Est-ce dû au réchauffement, au changement ou au dérèglement climatique ? Que sais-je ? Il va falloir s’adapter pour explorer nos cavités actives et trouver la bonne fenêtre météo. Car en parlant météo, cet été, dans nos contrées alpines, elle n’a jamais été très fiable. À croire que tous les ingénieurs climatiques étaient en vacances (ils en ont le droit). Ont-ils été remplacés par des stagiaires qui effectuaient leurs premières prévisions ! Dégradations du service public au bénéfice de sites payants ? Allez savoir… Quoi qu’il arrive, après plusieurs excursions souterraines annulées pour cause d’intempéries et en cherchant comment passer à travers les gouttes, j’ai regardé du côté des alpinistes. J’avais tendance à dire que dans la pratique spéléo l’heure était un facteur secondaire. L’envie me prend et me voilà en direction d’une cavité de jour comme de nuit, du matin comme de l’après-midi. Cela reste possible pour les grottes dites fossiles, mais voilà pour les cavernes sensibles aux crues, il va falloir s’adapter encore plus. Pourquoi ne pas débuter l’exploration à quatre heures du matin pour échapper aux orages du soir ? Être chez soi à observer les éclairs sans pouvoir cependant, regarder sa moisson photographique, au risque de dégrader son ordinateur… Quelle vie ! Restons optimistes avec toute cette eau, les cavités ont dû se creuser…

Au fait, pendant que j’y pense : à quoi sert d’équiper un puits hors crue quand, quoi qu’il arrive il ne se franchit plus dès qu’approche une averse ! ?

Et des chemins de pluie pour unique bonsoir,

– Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir,

– Le plat pays qui est le mien…

C’est sur ces quelques vers de Jacques Brel que nous vous offrons dans les pages qui suivent un dossier spécial « spéléo chez les Belges », nos voisins de toujours, nos compagnons de brume, nos frères d’explorations…

Serge Caillault

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[2 avr 2014 | Aucun commentaire | ]
speleo85

Depuis des années les stations de ski sont engagées dans une fuite en avant : elles construisent toujours plus pour assurer leur fréquentation. L’hiver se termine, la saison de ski également. Les lapiaz se libèrent de leur gangue de neige. Pour les entreprises vivant du sport d’hiver, le repos est de courte durée. C’est le moment de reprendre de nouvelles activités : agrandir le domaine skiable… Au détriment bien entendu du paysage naturel, avec pour conséquence des dégâts irréversibles sur le karst.Combien de gouffres et glacières ont été irrémédiablement bouchés en toute impunité et donc perdus. Des exemples foisonnent sur les massifs de la Pierre-Saint-Martin, du Vercors, des Bauges, du Dévoluy, etc.

La commission du développement durable du Sénat a récemment rendu son rapport : « Patrimoine naturel de la montagne : concilier protection et développement ». Il tient compte d’une évolution des mentalités et des nouvelles contraintes climatiques et économiques. Il se présente (malheureusement) sous la forme d’une énumération de propositions qui ne permet pas d’élaborer des orientations globales pour une politique de la montagne (du karst). Il précise néanmoins pour l’eau en montagne qu’au-delà d’une abondance apparente, il existe un risque réel de raréfaction. Des outils existent comme le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) pour assurer la cohérence des usages de l’eau, notamment au regard de la neige de culture (Proposition 37). S’assurer que les études d’impacts prennent en compte tous les problèmes liés à l’environnement notamment au regard des paysages (Proposition 38).

Tout cela pour dire notre conviction que ce patrimoine karstique est bien sûr la propriété des populations qui y vivent et y travaillent mais peut aussi être considéré, par sa richesse exceptionnelle, comme un bien appartenant à tout un chacun. En ces temps de reprise des travaux, ce rapport ne changera pas la face des choses à court terme. Il

montre cependant que nos idées concernant la richesse de notre patrimoine souterrain se diffusent dans l’esprit des élus. C’est un encouragement à continuer, sans cesse, notre travail… de prise en compte de notre activité sportive et scientifique…

Serge Caillault

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[2 juil 2013 | Aucun commentaire | ]
speleo82

La météo a-t-elle perdu la tête ? Vivons nous des épisodes de dérèglement climatique ? Subissons nous des variations climatiques à amplitudes intenses ? Nous dirigeons nous vers un temps à l’anglo-saxon ? Le beau temps fait-il grève ? Que de questionnements, en ces premiers jours d’été où il faut ronger son frein pour enfin débuter, les prospections sur nos lapiaz, les explorations de nos montagnes et parcourir nos rivières souterraines.

La neige n’a jamais été aussi abondante que cet hiver. Par endroits il y a eu plus de dix mètres cumulés ! Actuellement remplacé par un temps pluvieux qui n’en finit pas, sans grande chaleur… Les cavités sont en crue, je n’ose dire inonder au regard du réseau de la Luire (Drôme) qui a crevé deux fois cette année. C’est déjà très exceptionnel que le réseau déborde (plus de 20 m3/s) une fois tous les cinq ans !

Restons optimistes. La variabilité naturelle a déjà existé. Quand on s’intéresse à l’histoire de la météorologie depuis le début du XXe siècle. Bien avant le discours entendu sur le réchauffement climatique, on assistait déjà à des orages violents, voire plus virulents que ceux que le sud-ouest de la France vient de vivre (grotte de Lourde). Notre pays a même connu deux tornades, dévastant tout sur son passage ! Mais peut-être assistons-nous, cette année, après trois ou quatre années de sécheresse ou de déficit en eau, à un effet de régulation climatique ?

Les phénomènes climatiques que nous vivons (subissons) nous offrent quelque chose d’important, je crois, c’est la modestie face aux éléments naturels ; assurément quelque chose de plus précieux encore que la modestie : la simplicité. Cette simplicité qui lutte en permanence contre notre orgueil, voir plus, contre notre vanité, entretenue à son paroxysme par notre civilisation occidentale.

Aujourd’hui, la science météorologique est relativement fiable à sept ou huit jours. Cela devrait pouvoir nous rassurer et anticiper la montée des eaux pour les explorations estivales. Cela n’empêche pas d’équiper les obstacles hors crue…