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[18 juin 2014 | Aucun commentaire | ]
Spéléo Mag 68

C’est la fin des départements français… Tel est l’annonce faite, il y a peu, par notre gouvernement actuel. Cette annonce choc a, je crois un objectif : mettre fin au millefeuille territorial spécifique à la France et donc réaliser des économies. C’est supprimer un échelon et éviter les doublons administratifs. C’est garantir ­normalement plus d’efficacité pour un meilleur service auprès du citoyen.

Vous allez me dire, oui et alors ? C’est si loin de nos préoccupations souterraines ? Eh bien, cela a été un big bang dans ma tête, quand j’ai (enfin) compris que cette réforme institutionnelle touchera également notre petite vie de spéléologues locaux ou départementaux. La conséquence est me semble-t-il, si j’ai bien compris, la fin également de nos Comité Départementaux de Spéléologie !

La réforme fait émerger deux piliers, les régions et les intercommunalités. Les départements seront voués à devenir une entité géographique et culturelle ­dépourvue de pouvoirs. Fini les présidents de CDS et autres bureaux sur lesquels on pouvait se référer pour recevoir des subventions, partager nos premières, râler sur la dernière décision de la fédération, discuter technique ou équipement fixe, que sais-je encore !

l’État fixe même des limites : le 1er janvier 2017, la loi établira une nouvelle carte des régions qui n’auront pas fusionné spontanément. En complément, une nouvelle carte intercommunale, « correspondant aux bassins de vie » sera mise en place pour 2018.

Cela veut-il dire qu’il n’y aura plus de bulletins départementaux qui retracent la vie et les découvertes du spéléologue ? Il y aura-t-il alors des ouvrages « intercommunaux » ou régionaux ou pourquoi pas par massifs karstiques ? Tout cela nous éloigne du terrain, peut-être, mais nous devons néanmoins rester vigilants pour que notre pratique sportive (de plein air) et scientifique ne soit pas entravées par de ­nouveaux « petits barons politiques » et que l’intelligence l’emporte…

La période estivale est là. Concentrons nous sur nos futures explorations…

Serge Caillault

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[10 juil 2012 | Aucun commentaire | ]
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Lors d’une récente conversation, la notion de « perception de la caverne » m’interpelle. Cette notion m’ouvre les portes à de ­multiples cogitations et réflexions ! Quelle est, à ce jour, ma perception de la grotte, de cet univers dans lequel j’officie avec joie et délectation…

La notion même de perception ne peut se comprendre qu’à partir de nous-même, de nos besoins, de nos valeurs. « Je vois le monde comme je suis », disait Paul Éluard, « et je ne le vois pas comme il est ! » Bref, le monde perçu est le reflet de nous-mêmes. Il agite nos joies et nos angoisses, ­rassemble nos préjugés. Il n’est ­certainement pas le monde objectif de la science !

À un niveau purement élémentaire et pour paraphraser Henri Bergson (philosophe) « c’est bien la grotte qui attire le ­spéléologue ! » Et le spéléologue y laisse des traces… Je pense aux fresques laissées par nos ­ancêtres préhistoriques à la grotte Chauvet. De véritables œuvres, inestimables qui ­méritent dès à présent et sans hésitation le label de patrimoine mondial de ­l’humanité. Je pense également, et sans commune ­mesure bien évidemment, aux signatures laissées par nos pionniers spéléologues : Martel, De Joly, Casteret… qui, quand nous les trouvons au détour d’un recoin, ­provoquent en nous des effluves de ­bonheur. Je réfléchis aux griffes, apposées sur les parois, de nos contemporains qui me laissent, en les observants, un arrière-goût amer. Pourquoi s’octroient-ils le droit de souiller notre environnement et en même temps est-ce une question d’époque, de temps ? Dans cent ans, ces graffitis n’auront-ils pas autant de valeur sentimentale que ceux de nos aïeuls ? Je ­revois aussi les peintures de Jean Truel ­inscrites (à jamais) sur les flancs de la ­traversée de Bramabiau, aux confins des ­Cévennes, où le sentiment d’incompréhension, voir même de profanation me ­submerge, m’autorisant toute forme de sentence à l’encontre de cet être qui a osé. Telle est ma perception ; sensible, naturelle et spontanée, vécue au contact des choses…

Bonnes explorations…

Serge Caillault

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[14 juil 2011 | 2 commentaires | ]
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Une question me trotte dans la tête depuis quelque temps déjà. Je n’ose vous la soumettre : aujourd’hui, faut-il encore équiper les gouffres hors crue ? ! Une interrogation qui paraît bien saugrenue n’est-ce pas ! Elle semble à l’inverse des préconisations diffusées depuis toujours par notre enseignement spéléologique. La progression souterraine évolue en permanence, parfois influencée par des modes passagères. Observons un puits lambda. Nous trouvons des pitons et des spits qui datent de l’époque des échelles souples. Ils sont installés généralement au ras de la margelle, souvent à la hauteur des chevilles où le confort et les frottements n’étaient qu’une vue de l’esprit. Puis vint la généralisation de la remontée sur corde simple. Les ancrages sont installés afin que notre ficelle ne touche pas, en aucune mesure, la paroi. Après quelques événements dus à l’arrivée soudaine d’eau empêchant toute remontée vers la surface, nous avons cherché à équiper le plus loin possible de la colonne de liquide, parfois au prix de quelques acrobaties. Enfin l’élévation sur corde au moyen du bloqueur de pied a fait évoluer la philosophie de notre progression. Elle s’apparente étrangement au style de la remontée sur nos bonnes vieilles échelles d’antan. Un équipement contre paroi s’avère par conséquent plus performant, plus agréable, moins épuisant qu’une montée plein vide, en fil d’araignée ; il économise aussi les longues mains courantes, donc du poids, du temps, etc. Le frottement zéro reste préconisé même si les fabricants de corde cherchent et proposent depuis peu des produits résistant nettement mieux à l’abrasion. La science météorologique a bien évolué. Elle est devenue fiable sur plusieurs jours et précise sur une journée. Quand nous avons la certitude du « créneau » beau temps pendant toute notre course souterraine alors pourquoi persévérer à équiper hors eau, quand elle n’est pas au rendez-vous. L’himalayiste joue déjà avec les prévisions météo via son routeur pour tenter son sommet entre deux averses de neige… Les marins au long cours également… L’équipement souterrain fixe, prévu sur une longue période mérite toutefois d’être installé hors de la colonne d’eau. Bonnes explorations estivales.

Serge Caillault

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[11 août 2010 | Aucun commentaire | ]
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Généralement, lors des interviews ou des échanges que je peux avoir avec des personnes complètement étrangères au milieu de la spéléologie, j’ai ces fameuses questions : mais qui êtes-vous, spéléologues? Que cherchez-vous vraiment, làbas, sous terre, dans le noir et l’humidité?