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Articles tagué avec : Dent de Crolles

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[11 avr 2012 | Aucun commentaire | ]
speleo77

L’exploration se fait de plus en plus difficile en France … mais les découvertes sont-elles aussi rares que cela ? Il faut être perséverant, tenace, garder espoir en toute circonstance même après de nombreuses séances de désobstruction ; quand un infime courant d’air, à peine perceptible nous tient en haleine ! Avec un déterminisme sans faille…

Je n’ose aborder le sujet des séances de prospections à travers le territoire. Tout semble parcouru en long, en large, et en profondeur. Il faut bien du courage, voire un brin de folie pour poursuivre dans cette quête de nouveau, de vierge, d’intact, de personnel, voire de « pur ». De tellement pur qu’il est parfois bien difficile d’échanger avec les autres.

Une fois mise à jour, que faire après le plaisir inoubliable de la première ? Amnistier ou partager dans un monde qui prône l’individualisme? Garder égoïstement ou offrir exclusivement ou convivialement cette parcelle de sous terre ? Publier ou pas ? Avec la possibilité, un jour ou l’autre, d’une redécouverte. Cet acte sera alors vécu comme un sacrilège, comme une profanation, comme un crêve-coeur… Fatalement ! Cruel dilemme qui renvoie à notre propre déontologie : quelle éthique adopter ?

Une autre option consiste, au contraire, à organiser des manifestations médiatiques auprès de ses confrères, auprès du grand public et exhiber nos savoir faire, nos passions et nos envies toujours renouvelées de se faufiler dans les arcanes de la Terre avec l’exaltation du partage.

C’est l’époque des élections nationales, de prime abord suivies aussitôt des olympiades souterraines… C’est le moment pour les « critiqueurs de tous poils » d’effectuer un acte fédéral et citoyen en accord avec leurs principes. Je ne puis, à cet instant, m’empêcher de partager avec vous cette phrase du célèbre alpinisme Walter Bonnati : « l’héroïsme aujourd’hui ? Ce serait plutôt de rester soi-même, de ne pas renoncer à être un individu, et un individu honnête… » Cela devrait être universel… N’est-ce pas ?

Serge Caillault

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[15 mar 2012 | Aucun commentaire | ]
tete

Enfin, Le DVD concernant le film, grandement apprécié de Dans la Dent – De la croix à la source est en vente.
Une aventure profondément humaine… À travers une équipe d’exploratrices féminines, qui découvre et partage l’univers souterrain de la Dent de Crolles. Le trajet recèle surprises et décors hors du commun. Dès le premier obstacle, une fois la corde rappelée, les jeunes femmes n’ont plus d’autres choix que de poursuivre vers la sortie… 700 mètres plus bas !

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[14 juil 2011 | 2 commentaires | ]
74

Une question me trotte dans la tête depuis quelque temps déjà. Je n’ose vous la soumettre : aujourd’hui, faut-il encore équiper les gouffres hors crue ? ! Une interrogation qui paraît bien saugrenue n’est-ce pas ! Elle semble à l’inverse des préconisations diffusées depuis toujours par notre enseignement spéléologique. La progression souterraine évolue en permanence, parfois influencée par des modes passagères. Observons un puits lambda. Nous trouvons des pitons et des spits qui datent de l’époque des échelles souples. Ils sont installés généralement au ras de la margelle, souvent à la hauteur des chevilles où le confort et les frottements n’étaient qu’une vue de l’esprit. Puis vint la généralisation de la remontée sur corde simple. Les ancrages sont installés afin que notre ficelle ne touche pas, en aucune mesure, la paroi. Après quelques événements dus à l’arrivée soudaine d’eau empêchant toute remontée vers la surface, nous avons cherché à équiper le plus loin possible de la colonne de liquide, parfois au prix de quelques acrobaties. Enfin l’élévation sur corde au moyen du bloqueur de pied a fait évoluer la philosophie de notre progression. Elle s’apparente étrangement au style de la remontée sur nos bonnes vieilles échelles d’antan. Un équipement contre paroi s’avère par conséquent plus performant, plus agréable, moins épuisant qu’une montée plein vide, en fil d’araignée ; il économise aussi les longues mains courantes, donc du poids, du temps, etc. Le frottement zéro reste préconisé même si les fabricants de corde cherchent et proposent depuis peu des produits résistant nettement mieux à l’abrasion. La science météorologique a bien évolué. Elle est devenue fiable sur plusieurs jours et précise sur une journée. Quand nous avons la certitude du « créneau » beau temps pendant toute notre course souterraine alors pourquoi persévérer à équiper hors eau, quand elle n’est pas au rendez-vous. L’himalayiste joue déjà avec les prévisions météo via son routeur pour tenter son sommet entre deux averses de neige… Les marins au long cours également… L’équipement souterrain fixe, prévu sur une longue période mérite toutefois d’être installé hors de la colonne d’eau. Bonnes explorations estivales.

Serge Caillault